En EHPAD, en centre hospitalier, en FAM/SAMSAH ou dans toute structure d’accueil, les troubles neuro-cognitifs majeurs (dont la maladie d’Alzheimer) transforment rapidement le quotidien des personnes accompagnées, des équipes… et des familles. Comprendre ce qui se passe (sur le plan cognitif, émotionnel et comportemental) permet de mieux choisir ce que l’on fait (communication, environnement, organisation des soins, gestion des situations sensibles).
Cette formation de 14 heures sur 2 jours, destinée aux professionnels médico-sociaux (sans prérequis), vise un objectif simple et très opérationnel : renforcer la qualité de la prise en charge grâce à des repères cliniques accessibles, des méthodes de communication efficaces et des outils d’adaptation du quotidien. Le format combine apports théoriques, analyses de pratiques, études de cas, visionnage d’extraits (film « Évadés du réel ») et mises en situation (jeux de rôle).
Pourquoi se former à Alzheimer et aux démences apparentées change réellement la pratique
Les pathologies neuro-évolutives peuvent entraîner une grande variabilité de symptômes : troubles de la mémoire, désorientation, troubles du langage, apraxies, hallucinations, anxiété, agressivité, apathie, troubles du sommeil, etc. Sur le terrain, ces manifestations ont un impact direct sur :
- la sécurité (errance, chutes, épisodes d’agitation, troubles alimentaires) ;
- la qualité relationnelle (incompréhensions, tensions, opposition aux soins) ;
- l’organisation des temps clés (toilette, repas, coucher, nuit, lever) ;
- la charge émotionnelle pour les soignants et les proches ;
- la cohérence d’équipe (pratiques divergentes, messages contradictoires, difficultés à partager une stratégie commune).
Se former permet de transformer des situations difficiles en situations plus lisibles : on comprend mieux les mécanismes (cognitifs et psycho-comportementaux), on anticipe davantage et on choisit des réponses plus adaptées. Le bénéfice attendu est double : plus de confort pour la personne et plus de maîtrise pour les professionnels.
À qui s’adresse la formation ?
La formation s’adresse à l’ensemble des professionnels intervenant directement ou indirectement auprès de personnes vivant avec Alzheimer ou des démences apparentées, notamment en :
- EHPAD et structures pour personnes âgées ;
- centres hospitaliers;
- FAM et SAMSAH;
- structures d’accueil et établissements médico-sociaux.
Aucun prérequis n’est demandé : le programme est conçu pour consolider des bases claires et directement transférables au quotidien.
Objectifs : des compétences immédiatement utiles sur le terrain
La formation vise à permettre aux participants de :
- Comprendre la symptomatologie de la maladie d’Alzheimer et des démences apparentées (troubles neuro-cognitifs majeurs).
- Mieux communiquer avec les personnes atteintes, y compris lorsque la parole se raréfie.
- Adapter l’environnement et les actes de la vie quotidienne (toilette, repas, coucher, nuit, lever).
- Favoriser l’intégration des familles dans la prise en charge.
Au-delà des connaissances, l’enjeu central est de gagner en efficacité relationnelle et en cohérence de pratiques, pour réduire les situations d’échec et renforcer l’alliance avec les proches.
Programme : comprendre les troubles neuro-cognitifs et leurs impacts, puis agir avec méthode
1) Les caractéristiques des troubles neuro-cognitifs (et les grandes étiologies)
La formation introduit la notion de troubles neuro-cognitifs (et l’évolution des termes historiquement regroupés sous « démence ») : déclins cognitifs multiples, critères de diagnostic, et principales pathologies conduisant à un trouble neuro-cognitif majeur, dont :
- la maladie d’Alzheimer;
- la démence à corps de Lewy;
- l’atteinte fronto-temporale;
- les atteintes liées à la maladie cérébrovasculaire (dont AVC).
Un point fort du module est le support vidéo : le visionnage du film « Évadés du réel » (Pierre Schumarer), intégré aux outils Mobiqual, qui illustre la démarche de prise en soin via :
- l’immersion dans différents établissements accueillant des personnes malades ;
- les analyses de professionnels (psychologues, aides médico-psychologiques, aides-soignants, cadres de santé, gériatres, etc.) ;
- des témoignages de familles confrontées à la maladie d’un proche.
À l’issue du visionnage, un échange est proposé afin d’identifier ce qui est transposable dans votre contexte d’établissement.
2) Cognition : mieux comprendre pour mieux accompagner
Pour agir avec justesse, il est essentiel de comprendre les grandes fonctions cognitives et leurs manifestations au quotidien. La formation aborde notamment :
- la mémoire (et ses principales fonctions) ;
- les fonctions exécutives (planification, flexibilité, inhibition, organisation) ;
- le langage;
- l’attention.
Les différentes formes d’amnésie sont abordées (amnésie antérograde, rétrograde, quasi-totale), ainsi qu’une situation fréquente et déroutante : le plongeon rétrograde (par exemple lorsqu’une personne demande à retrouver sa mère ou à aller chercher ses enfants à l’école). La formation propose des repères pour reconnaître ces manifestations et savoir réagir de manière apaisante.
3) Troubles instrumentaux et retentissement dans les actes de la vie quotidienne
Le programme aborde les troubles qui perturbent fortement l’autonomie fonctionnelle :
- les troubles du langage (aphasie) : fonctionnement, formes, conséquences ;
- les troubles de la motricité gestuelle (apraxie) : manifestations et impact ;
- les troubles de la reconnaissance (agnosie) : manifestations et impact ;
- la spécificité de l’anosognosie (difficulté à prendre conscience des troubles) ;
- la désorientation spatio-temporelle: manifestations et conséquences.
L’intérêt est très concret : relier des symptômes à des difficultés observées (toilette, habillage, utilisation d’objets, compréhension des consignes, repérage des lieux), pour ajuster les consignes, le rythme et l’environnement.
4) Troubles de l’humeur, de la personnalité et du comportement : mieux comprendre, mieux prévenir
Les troubles psycho-comportementaux sont abordés selon une approche structurée (définition et typologie), notamment :
- les troubles « silencieux » et les troubles « perturbateurs » ;
- les troubles affectifs : dépression, instabilité de l’humeur, apathie, anxiété;
- les troubles psychotiques : délires, hallucinations;
- les troubles du comportement : agitation, agressivité, désinhibition, déambulation, comportements moteurs aberrants ;
- les troubles neurovégétatifs : sommeil et conduites alimentaires.
L’objectif n’est pas de « tout expliquer » par la maladie, mais d’obtenir des repères pour distinguer ce qui relève des troubles neuro-cognitifs, du contexte, d’un inconfort somatique possible, de l’environnement, de l’organisation des soins et de la relation. Cette lecture élargie aide à mettre en place des réponses plus cohérentes et souvent plus apaisantes.
Adapter l’environnement : un gain immédiat sur l’apaisement et l’autonomie
L’environnement peut soit augmenter le stress et les incompréhensions, soit servir de véritable support à l’orientation et à la sécurité. La formation détaille des objectifs concrets :
- rassurer;
- stabiliser;
- faciliter l’orientation spatio-temporelle.
Repères temporels lisibles
La formation propose de travailler l’usage de repères simples et cohérents, par exemple :
- pendules lisibles ;
- calendriers ;
- éphémérides ;
- programmes d’une journée type.
Repères spatiaux et circulation
Des principes d’aménagement et de signalétique sont abordés :
- indiquer clairement les espaces de vie ;
- associer indications écrites et pictogrammes ;
- favoriser l’éclairage des lieux cibles (lieux communs, WC, chambre) ;
- limiter l’éclairage des lieux à éviter (buanderie, salle du personnel) ;
- fournir des espaces de déambulation stables et dégagés.
Réduire un contexte anxiogène
Le programme insiste sur des ajustements souvent simples, mais très efficaces :
- limiter les bruits inutiles ou difficilement identifiables (télévision, radio) ;
- respecter la manière dont la personne s’approprie son environnement (par exemple s’asseoir toujours à la même place).
Le bénéfice attendu est une diminution des situations de confusion, d’opposition et d’errance, et une meilleure qualité de vie au quotidien.
Communication et relation d’aide : des règles concrètes pour plus de fluidité
Une grande partie de l’efficacité auprès des personnes vivant avec des troubles neuro-cognitifs repose sur la relation : comment se présenter, comment proposer un soin, comment formuler une consigne, comment répondre à une inquiétude, comment réagir à une insulte ou à une montée d’agressivité.
Grands principes de prise en soin
La formation aborde notamment :
- la nécessité de se préparer (connaître les manifestations comportementales, accepter la complexité, travailler en équipe, éviter les attentes déraisonnables) ;
- les principes de la relation d’aide : empathie, absence de jugement, recherche de compréhension, neutralité bienveillante;
- les difficultés de communication, les règles à mettre en œuvre, ainsi que les erreurs à éviter ;
- la communication avec les personnes qui ne parlent plus.
Prévention et surveillance : garder une approche globale
Le programme intègre aussi le rôle de prévention des soignants, notamment :
- prévenir les pathologies intercurrentes ;
- optimiser les traitements médicamenteux ;
- prévenir les situations de polymédication.
Cette approche contribue à une prise en soin plus complète, où le comportement n’est pas seulement « géré », mais compris dans un contexte plus large.
Mises en situation (jeux de rôle) : s’entraîner pour être plus à l’aise en conditions réelles
Les jeux de rôle sont conçus pour ancrer les acquis et développer des automatismes de communication. Quatre situations sont proposées :
- Se présenter à un résident: travailler les éléments verbaux et non verbaux.
- Inviter un résident à la toilette: analyser les méthodes, prévenir l’opposition et faciliter le déroulement.
- Réagir face à une insulte: identifier les attitudes à favoriser et celles à éviter.
- Communiquer avec une personne qui ne parle plus: ajuster posture, rythme et modes de communication.
Ce format est particulièrement bénéfique pour harmoniser les pratiques au sein d’une équipe : chacun repart avec des formulations, des postures et des repères partagés.
Organisation des actes de la vie quotidienne : toilette, repas, coucher, nuit, lever
La formation aborde des points clés d’organisation, avec une logique d’amélioration continue et de travail en équipe.
Soins d’hygiène : sécuriser, respecter, fluidifier
- objectifs des soins d’hygiène auprès de résidents présentant des troubles neuro-cognitifs ;
- différentes formes de toilettes ;
- notion de toilette évaluative;
- démarche d’amélioration essai / test / évaluation / amélioration.
Incontinence : repères pour une gestion plus adaptée
- types de protections ;
- horaires et fréquence d’élimination.
Repas : ambiance, stimulation, rythme
- rôle des soignants dans l’organisation et l’ambiance ;
- place de la stimulation ;
- durée des repas ;
- importance du lieu du repas.
Coucher et nuit : prévenir l’épuisement, sécuriser les parcours
- horaires et adaptations aux particularités de chaque résident ;
- éléments favorisant le sommeil ;
- inversion du cycle nycthéméral ;
- gestion des réveils et déambulations nocturnes ;
- articulation entre équipes de jour et de nuit.
Lever : rendre le moment plus agréable et plus simple
- définir les horaires les plus favorables ;
- identifier les points clés d’un réveil agréable.
Ces contenus soutiennent un accompagnement plus stable et plus apaisé, tout en améliorant l’efficacité organisationnelle.
Modalités pédagogiques : une formation vivante, centrée sur la pratique
Les modalités combinent :
- apports théoriques et méthodologiques;
- analyse des pratiques professionnelles ;
- brainstormings et questionnements collectifs ;
- études de cas (intervenant et / ou participants) ;
- visionnage de séquences vidéo (dont le film « Évadés du réel ») ;
- mises en situation via jeux de rôle.
Deux temps d’évaluation sont prévus :
- une évaluation initiale des attentes et des connaissances en début de formation ;
- une évaluation finale de la qualité et des connaissances acquises en fin de formation.
Cette logique d’évaluation aide à mesurer les progrès et à repartir avec un plan d’action plus clair.
Ce que les équipes gagnent après 2 jours : bénéfices concrets et mesurables
Les bénéfices attendus, en cohérence avec les objectifs et méthodes pédagogiques, se traduisent souvent par :
- plus de compréhension clinique des symptômes et de leur expression au quotidien ;
- une communication plus adaptée (réduction des malentendus, consignes simplifiées, posture plus sécurisante) ;
- des soins plus fluides (notamment toilette et moments à risque d’opposition) ;
- un environnement plus lisible (meilleurs repères, éclairage et signalétique) ;
- une meilleure cohérence d’équipe grâce à des règles communes et des mises en situation partagées ;
- une relation renforcée avec les familles via des repères partagés et une démarche plus compréhensible.
En résumé : l’équipe gagne en sérénité, la personne accompagnée gagne en confort et les proches trouvent davantage de repères.
Exemple de cas (fictif) : du conflit à la coopération pendant la toilette
Situation (illustrative): un résident refuse la toilette, repousse les mains, hausse la voix, insulte. L’équipe se sent impuissante et appréhende ce soin.
Lecture grâce à la formation: le refus peut être favorisé par la désorientation, l’anxiété, une incompréhension des consignes (langage), une apraxie (difficulté à réaliser les gestes), l’anosognosie (absence de conscience du besoin), ou un environnement anxiogène (bruits, manque de repères).
Actions possibles travaillées en mise en situation:
- se présenter clairement, se mettre à hauteur, adopter une posture rassurante ;
- proposer une consigne simple, étape par étape, avec des choix limités ;
- adapter l’environnement (calme, éclairage, matériel prêt, repères stables) ;
- réévaluer l’horaire et le rythme du soin ;
- débriefer en équipe et tester une démarche d’amélioration essai / test / évaluation / amélioration.
Sans promettre une « solution miracle », cette démarche augmente la probabilité de coopération et réduit l’intensité des situations de crise.
Informations pratiques : format, durée, taille de groupe
| Élément | Détail |
|---|---|
| Durée | 14 h (2 jours) |
| Public | Professionnels médico-sociaux intervenant auprès de personnes âgées ou de personnes présentant des troubles neuro-cognitifs |
| Prérequis | Aucun |
| Taille de groupe | 12 participants maximum |
| Modalités | Apports théoriques et méthodologiques, analyses de pratiques, études de cas, vidéos, jeux de rôle, évaluation initiale et finale |
En conclusion : 2 jours pour gagner en compréhension, en posture et en efficacité
Quand Alzheimer et les démences apparentées s’invitent dans le quotidien d’un service, la qualité de l’accompagnement repose sur une combinaison : connaissances cliniques, lecture des situations, communication adaptée, environnement pensé et cohérence d’équipe. Cette formation de 14 heures condense ces leviers dans un format dynamique et pragmatique, conçu pour améliorer l’accompagnement dès le retour sur le terrain.
Pour une structure, c’est aussi un investissement utile : mieux anticiper, mieux se coordonner, mieux apaiser, et mieux associer les familles à un projet de soins plus compréhensible et plus humain. Pour plus d'informations : ideage-formation.com